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Leadership · · Dre Élodie ELIOT

Comment je suis devenue psychocriminologue : le jour où tout a basculé

Bonjour,

Je m'appelle Élodie, j'ai 40 ans. Et je suis psychocriminologue.

Mais ça n'a pas toujours été le cas.

À 30 ans, j'ai pris une décision radicale : celle de changer de vie.
Pas juste de métier : de regard. De posture. De rapport au monde.

J'ai amorcé une reconversion profonde, née d'une prise de conscience personnelle. Un de ces moments où l'on sent que l'on ne peut plus continuer à faire semblant.

Il me fallait comprendre l'humain. Ses incohérences, ses dérapages, ses silences. Et ses passages à l'acte.

Aujourd'hui, je décrypte les comportements criminels.

J'analyse les scènes de crime, je m'appuie sur les procédures (auditions, constats, autopsies), j'établis des profils d'auteurs inconnus et des profils victimologiques, puis je conseille dans le but de fixer une peine.

Le cœur de mon métier ?

Avant tout, j'estime que c'est une vocation, et non un métier d'opportunité.

Comprendre la dynamique d'un acte. Déterminer la motivation de l'auteur, le mobile du crime et les fantasmes sous-jacents qui lui sont propres.

Qu'est-ce qui, dans la personnalité d'un individu, dans son histoire ou dans ses pulsions, a mené à l'irréparable ?

Un métier stimulant, singulier et parfois surprenant.

Je travaille sur la triade auteur, lieu, victime. Parce qu'un crime ne se comprend jamais hors contexte. Il se joue dans une interaction, dans une tension, dans une histoire qui souvent dépasse les apparences.

Contrairement à ce que beaucoup pensent, je ne suis pas sur le terrain au quotidien. Pas de gyrophares ni d'armes à la ceinture.

Mon bureau, chez moi ou au tribunal, est mon poste d'observation.
Mon arme, c'est la grille de lecture du psychisme humain.
Mon outil, c'est la connaissance de soi.

Car oui, pour ne pas être happée par l'horreur, il faut avoir fait la paix avec ses propres ombres.

Ce métier n'est pas un métier d'opportunité. C'est une vocation. Une vocation née tard, peut-être, mais viscérale.

Petite, je me posais déjà mille questions. Mais c'est à 15 ans, en découvrant Hannibal Lecter dans Le Silence des agneaux, que j'ai senti une déflagration intérieure.

Des êtres humains peuvent-ils vraiment penser comme ça ?

Ce jour-là, un fil s'est tendu entre l'invisible et moi.

Plus tard, le roman L'Aliéniste de Caleb Carr a ouvert une brèche dans ma vision du monde. Et elle ne s'est plus jamais refermée.

Ma curiosité est devenue chemin d'étude.

En guise de "seconde vie", un Master en psychologie légale, clinique et sociale, un diplôme universitaire en criminologie appliquée à l'expertise mentale, des recherches sur les crimes passionnels et la violence féminine.

J'ai plongé, sans filet, dans cette profession rare et soumise à rude épreuve émotionnelle.

La psychocriminologie, c'est quoi ?

La psychocriminologie, c'est la rencontre entre la psychologie et la criminologie. C'est l'étude du crime à travers la psyché de ses protagonistes. Ce champ recouvre aussi bien la victimologie que le monde pénitentiaire.

Pour les enquêteurs et le procureur, c'est un appui stratégique, qui permet de gagner en temps, en justesse, en efficacité.

Bien qu'elle s'appuie sur la psychopathologie, qui appréhende la criminologie et ses phénomènes récurrents, comme les pathologies, les comportements violents, etc., ce n'est pas une science exacte.

C'est une lecture.

Et pour bien lire, il faut être capable de silence intérieur. De patience. D'empathie sans fusion. D'analyse sans jugement.

Il faut surtout apprendre à se départir de ses propres projections. Avoir une hygiène émotionnelle irréprochable. Et savoir quand fermer un dossier pour préserver son équilibre.

Certaines affaires laissent des traces.

Je pense à l'affaire Fiona. Juste avant que je ne change de cap professionnel.

J'ai été touchée. Je croyais lire une mère en détresse. En réalité, ses larmes n'étaient pas pour sa fille disparue depuis deux semaines… mais pour son compagnon.

Ce genre de révélation vous hante longtemps. Il faut du recul, de la structure, et une sacrée solidité intérieure, pour comprendre ce qui s'est joué alors.

Et puis, il y a l'écart entre la réalité de ce métier et l'image qu'en véhiculent les séries télé.

Non, je n'ai pas de flashs.
Non, je ne ressens pas le mal.
Je n'ai aucun super-pouvoir.
Et je ne "lis" pas dans les pensées.

Ce que je fais repose sur de l'observation, de la méthode, et des années de formation clinique.

C'est peut-être moins spectaculaire… mais c'est terriblement humain.

Je suis titulaire. Je travaille avec le ministère de l'Intérieur. J'ai une carte professionnelle.

Mais je ne suis pas policière.

Je suis psychologue du crime.

C'est ce terme, emprunté au livre de Florent Gathérias, qui a été l'un de mes professeurs, qui me semble toujours le plus juste.

Et demain ?

J'ai d'autres rêves.

J'écris, enfin je commence. Je crée. Je transmets.

J'accompagne aussi des dirigeants, des équipes, des RH à comprendre les comportements humains. Pas cette fois-ci dans un but punitif, mais pour prévenir, ajuster, fluidifier.

Le profilage ne sert pas qu'à résoudre des crimes, ou fixer des peines. Il éclaire aussi les jeux de pouvoir, les silences d'équipe, les conflits latents.

Ce métier est exigeant. Mais il m'a permis de rassembler tout ce qui m'anime : la psychologie, l'analyse, la transmission, la scène (oui, je fais du théâtre aussi, paraît-il).

Il m'a surtout appris qu'il n'est jamais trop tard pour se réaligner.

Si mon histoire résonne avec la vôtre, si vous aussi vous sentez qu'il est temps d'aller au bout de ce que vous êtes… alors je vous le dis : c'est possible, prenez rendez-vous ici.

À très bientôt,

Élodie ELIOTPsychocriminologue et formatrice en leadership par la connaissance de soi

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